Korn Ferry rachète AMS. Et confirme un pari que nous ne partageons pas.

L'une des plus grosses opérations de l'industrie du talent depuis des années. On parlera du prix (1.1Milliard)) et de la consolidation (oui, elle s'accélère). Mais l'essentiel est ailleurs.

Pendant des années, nous avons rangé notre métier dans des boîtes : Executive Search, RPO, Assessment, Leadership development. Les clients, eux, ne pensent plus comme ça.

Ils posent une seule question : comment construire les talents dont nous avons besoin pour exécuter notre stratégie ?

D'où l'expression qui revient depuis douze mois dans mes échanges avec les dirigeants : l'orchestration des compétences. L'Executive Search apporte le conseil, RPO & MSP, la capacité à livrer à l'échelle de l'entreprise. Une stratégie cohérente, mais qui repose sur un pari : que l'avenir du talent se joue par l'industrialisation et la plateforme.

Chez Connected Minds ®, nous faisons le pari inverse.

Parce qu'une PME ou une ETI ne cherche pas une plateforme. Elle cherche le bon dirigeant, au bon moment, dans un contexte qu'il faut comprendre de l'intérieur.

Trois convictions nous distinguent.

> Le jugement humain reste irremplaçable. L'IA classe des CV ; elle ne lit pas le non-dit d'un comité de direction, ni ce qui fera qu'un leader tiendra ou cassera dans dix-huit mois.

> L'indépendance donne une agilité que l'échelle fait perdre. La liberté de challenger un brief, de dire non, de recommander de ne pas recruter quand ce n'est pas la bonne décision.

> Et notre valeur ne s'arrête pas à la signature. Recruter un leader est facile ; réussir son intégration est tout l'enjeu. Nous accompagnons ce trajet, parce qu'un placement ne crée de valeur que s'il dure.

Aristote disait que le tout est plus que la somme des parties. L'industrie parie sur la somme : plus d'échelle, plus de technologie.

Nous parions sur le tout : la relation, le discernement, la durée.

Deux géants viennent de parier que l'avenir ne se joue pas sur qui fait le travail, mais sur comment il se fait. Ils ont raison sur la question.

Reste à savoir si la taille est la bonne réponse.

Nous pensons que non.

Les plus récents

1h47 du matin. Un candidat en pyjama fixe sa webcam et tente de convaincre une IA qu’il ferait un excellent account manager en solutions d’étanchéité industrielle. 

Le frigo ronronne. Le chat traverse le champ. La machine écoute, transcrit et poursuit l’entretien. Ce n’est pas une fiction. Chez Ribbon, une plateforme d’entretiens automatisés par IA, près d’un quart des échanges ont lieu entre 22h et 2h du matin. Chez ses clients industriels, 35 %. Et selon Greenhouse, un acteur majeur des logiciels RH, 63 % des candidats interrogés ont déjà vécu ce type d’expérience. On peut en rire cinq minutes. 😊 Mais cette scène pose une vraie question : jusqu’où peut-on automatiser un recrutement sans automatiser la décision elle-même ? L’Europe commence à tracer la frontière. → Depuis février 2025, il est interdit d’utiliser une IA pour déduire les émotions d’un candidat à partir de sa voix ou de son visage. → Depuis août 2026, lorsqu’un candidat interagit directement avec une IA, il doit aussi en être informé. → Et à partir de décembre 2027, les systèmes qui filtrent, classent ou évaluent les candidatures entreront dans le régime des IA à haut risque. Ce n’est pas l’IA que l’Europe interdit. C’est la décision opaque. Un score ne peut pas devenir une vérité simplement parce qu’il a été produit par une machine. Cette frontière me paraît saine. Parce que l’IA peut faire énormément de choses utiles dans mon métier : absorber du volume, organiser un premier échange à minuit, poser les mêmes questions à chacun, repérer des éléments à approfondir. Mais le vrai travail commence après. Comprendre pourquoi quelqu’un est parti au bout de neuf mois. Tester une incohérence. Replacer une réponse dans son contexte. Comprendre ce dont l’entreprise a réellement besoin. Et finalement pouvoir dire : "Je recommande cette personne, et je peux vous expliquer pourquoi". Je veux une IA qui m’aide à mieux traiter le volume. Je ne veux pas lui sous-traiter la responsabilité de choisir. #ExecutiveSearch #IA #EUIAact #Decision @Connected Minds ® Your Search & Leadership Decision Partner Creating value, One decision at a time

Un candidat m'a envoyé son QI en pièce jointe. 

159. Reprenons. Un beau profil postule via mon site pour une fonction de direction. Entretemps, le poste est pourvu. Il reçoit un refus, automatisé mais nominatif, envoyé pendant mes congés — laisser des candidats sans nouvelles tout un mois d'été, très peu pour moi. Sa réponse tombe dans l'heure. Il s'étonne qu'on ose lui écrire avec un ATS. Il regrette le manque de personnalisation. Et il joint, je cite, « quelques attestations du niveau de la personne que vous ne prenez même pas la peine de rencontrer ». En pièces jointes : deux tests de QI et une évaluation qui le positionne comme haut potentiel. Conclusion du message : le recrutement est décidément bien malade. J'ai commencé une réponse cinglante. Je ne l'ai pas envoyée. Trois lignes à la place : « je reviens vers vous à mon retour de congés ». Sur le fond, il n'a pas tout à fait tort. Le marché abîme les gens. Une candidature sur deux ne reçoit jamais de réponse, et quand vous avez encaissé ça quinze fois, le seizième accusé de réception vous reste en travers de la gorge. Il s'est juste trompé de cible, et de méthode. Je lui ai donc répondu. Longuement. 300 candidatures, 70 profils approchés de manière proactive, 30 entretiens menés. Et un processus déjà refermé * quand la sienne est arrivée. Aucun dédain, aucune négligence : une question de calendrier. Je lui ai dit aussi que j'assume mes envois automatisés. Une réponse systématique, même automatisée, me paraît plus respectueuse que le silence dans lequel tant de candidatures se perdent. Quant à son CV, je le garde. Sincèrement. J'ai des mandats pour lesquels il aurait toute sa place, même si les tests de QI n'ont rien ajouté au dossier. 😊 Un conseil gratuit à ceux qui postulent : la porte se rouvre plus souvent qu'on ne le croit. Autant ne pas la claquer soi-même. 🙏 PS : * Shortlist remise 2 semaines en avance. Le client a hésité longuement, non par lenteur, mais parce que les profils étaient d'un niveau rare. Aucun test de QI n'a été requis pour trancher. @Connected Minds ® Your Search & Leadership Decision Partner Creating value, One decision at a time #ExecutiveSearch #Leadership #Perle #Ego

Un titre de CEO, c'est parfois juste le pire des pièges. 

Imaginez : on vous propose demain un 1er poste de CEO d’une chouette boîte. C'est flatteur, excitant, valorisant. Pour beaucoup, c'est le Graal absolu. Alors évidemment, on a envie de sauter sur l’occasion, de dire OUI tout de suite avant que l’offre ne s’évapore comme un mirage. Mais attention ! Derrière le prestige du titre peuvent se cacher des déceptions XXL. J'ai vu de brillants dirigeants piégés faute d'avoir pris le temps de la réflexion. L'un se voit imposer son équipe, l'autre n'a pas son mot à dire sur le choix du directeur financier. Certains se lancent dans une transformation courageuse, avant de se faire recadrer par un CA rétrograde (sic). Et j’en passe. Je ne suis pas en train de vous dire de refuser par principe. Mais de résister à la tentation du oui impulsif face à ce qui semble être l’opportunité d’une vie. On surestime souvent les dimensions positives et on sous-estime les défis. A la place, posez fermement vos conditions. → Mandat précis, éléments clefs de votre réussite (équipe, stratégie, investissements...), valeurs, règles du jeu avec le CA, etc. Parce qu’un grand titre, c'est bien. Mais un grand titre avec de vraies manettes, c'est mieux. --------------------------------------------------------------- Connected Minds ® Your Search & Leadership Decision Partner Creating value, one decision at a time.

Imaginez le patron de Ryanair nommé directeur du Théâtre National. 

Semaine 1 : il supprime l’entracte. Vingt minutes de siège improductif. Semaine 2 : il fait payer le vestiaire au poids. Semaine 3 : il déménage le théâtre à Charleroi et le rebaptise Théâtre National Brussels South. Techniquement, ce n’est pas un mensonge. 😉 Mois 11 : il quitte. Le conseil conclut qu’il n’avait « pas le fit culturel ». La caricature fait sourire. Le mécanisme, beaucoup moins. Dans les nominations de dirigeants, je le retrouve régulièrement. Au moment de choisir un CEO, le débat se résume souvent à deux profils. 1/ Celui qui connaît les codes, rassure la maison et s’y intégrera naturellement. 2/ Celui qui vient d’ailleurs, bousculera les habitudes et fera bouger les lignes. C’est une erreur. Le sujet n’est pas de savoir à quel point un candidat ressemble à l’entreprise. Mais de quel dirigeant elle a besoin pour devenir ce qu’elle a décidé de devenir. Et cela suppose d’avoir fait le tri avant de recruter. → Qu’est-ce qui, dans la culture actuelle, doit rester non négociable ? → Qu’est-ce qui freine désormais l’entreprise et doit évoluer ? → Qu’est-ce qui n’existe pas encore et devra être construit ? C’est ce travail que le conseil doit mener avant d’ouvrir la recherche. Pas pour dessiner le portrait-robot du CEO idéal. Mais pour définir son mandat culturel : ce qu’il devra préserver, faire évoluer et construire. À partir de là, le « fit » change de sens. On ne cherche plus quelqu’un qui ressemble à la maison. On cherche quelqu’un capable de préserver ce qui fait sa force et de déplacer ce qui l’empêche d’avancer ! PS : Si pas, il reste la méthode Ryanair. Elle a le mérite d'aller vite. 😊 --------------------------------------------------------------- @Connected Minds ® Your Search & Leadership Decision Partner Creating value, One decision at a time #ExecutiveSearch #Leadership #CulturalFit