J'ai entendu dire qu'un gamin de 9 ans avait demandé à une IA si elle pouvait remplacer son père.
On en rit.
Mais le réflexe, lui, est partout. On dégaine l'IA pour tout et n'importe quoi. Je m'en sers évidemment aussi, tous les jours.
Mais jusqu'où ?
Cela me fait penser à une histoire récente. Un candidat que je venais de placer m'appelle un dimanche soir. « Sébastien, je crois que je me suis trompé. Je prends mes fonctions demain et je ne suis pas sûr d'être à la hauteur. Je n'en dors plus. »
On a parlé une heure.
Je ne l'ai pas seulement rassuré. Je lui ai rappelé, dossier en main, pourquoi nous l'avions choisi : ce que ses entretiens avaient révélé, ce que le CEO attendait précisément de lui, ce que j'avais vu en lui et que lui ne voyait plus.
Pas seulement du réconfort. Un diagnostic.
Vous allez me dire : une IA l'aurait rassuré aussi. Sans doute. Mieux que moi, peut-être. Mais elle l'aurait rassuré sur commande. À partir de rien.
Or ce coup de fil de 22h, ce n'est pas du SAV émotionnel.
C'est le moment exact où un recrutement se sauve ou se perd. Entre 40 et 50 % des dirigeants recrutés en externe échouent dans les 18 mois - presque jamais par incompétence. Par intégration ratée. Par un doute qu'on a laissé s'installer la mauvaise nuit, parce que personne n'a décroché.
Une IA vous répond. Elle ne s'engage pas avec vous.
Elle n'a pas signé votre arrivée. Elle ne vous rappellera pas dans trois mois pour vérifier que ça tient. Elle ne risque rien en vous disant « tu es à ta place ».
Et croyez-moi, ça change tout.
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