
Sébastien Cobut
Managing Partner
Un matin, 11h15. Prise de références pour une finaliste à un poste de directrice des opérations. Au bout du fil, son ancien CEO.
Voici l’échange, tel que je l’ai retenu.
– Comment la décririez-vous ?
– Brillante. Vraiment. Très exigeante aussi.
[« Exigeante » arrive en deuxième. Je laisse passer deux secondes.]
– Avec elle-même d’abord. Avec les autres, je devais parfois faire un peu le tampon.
[Voilà un point à creuser.]
– Le tampon, c’est-à-dire ?
– Oh, rien de grave. Elle allait vite. Certains avaient du mal à suivre.
[« Rien de grave. » Peut-être. Mais j’aimerais comprendre.]
– Combien de personnes ont quitté son équipe en trois ans ?
– Quatre. Cinq, peut-être. Des départs logiques.
[Sur une équipe de douze. À remettre en contexte.]
– Vous la réengageriez ?
– Oui. Sans hésiter.
[Et là, il n’a pas hésité. Ça compte aussi.]
Dans une prise de références, il y a les mots.
Et la façon dont ils arrivent.
Un adjectif ajouté après coup. Un silence avant de répondre. Un « un peu » qui mérite qu’on s’y attarde. Rien qui permette de conclure à lui seul, mais de quoi poser la question suivante.
Ce jour-là, il aurait été facile de retenir « brillante » et de raccrocher. Ou de s’arrêter aux départs et d’écarter sa candidature.
Nous avons creusé avec elle.
Elle a parlé de cette période sans se défiler, de ce qu’elle en avait compris et de ce qu’elle ferait autrement. Elle a été recrutée, avec un plan d’intégration qui tenait compte de ce point de vigilance.
Une référence ne rend pas un verdict.
Elle dit où regarder.
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