Imaginez le patron de Ryanair nommé directeur du Théâtre National.
Semaine 1 : il supprime l’entracte. Vingt minutes de siège improductif.
Semaine 2 : il fait payer le vestiaire au poids.
Semaine 3 : il déménage le théâtre à Charleroi et le rebaptise Théâtre National Brussels South. Techniquement, ce n’est pas un mensonge. 😉
Mois 11 : il quitte.
Le conseil conclut qu’il n’avait « pas le fit culturel ».
La caricature fait sourire.
Le mécanisme, beaucoup moins.
Dans les nominations de dirigeants, je le retrouve régulièrement. Au moment de choisir un CEO, le débat se résume souvent à deux profils.
1/ Celui qui connaît les codes, rassure la maison et s’y intégrera naturellement.
2/ Celui qui vient d’ailleurs, bousculera les habitudes et fera bouger les lignes.
C’est une erreur.
Le sujet n’est pas de savoir à quel point un candidat ressemble à l’entreprise. Mais de quel dirigeant elle a besoin pour devenir ce qu’elle a décidé de devenir.
Et cela suppose d’avoir fait le tri avant de recruter.
→ Qu’est-ce qui, dans la culture actuelle, doit rester non négociable ?
→ Qu’est-ce qui freine désormais l’entreprise et doit évoluer ?
→ Qu’est-ce qui n’existe pas encore et devra être construit ?
C’est ce travail que le conseil doit mener avant d’ouvrir la recherche.
Pas pour dessiner le portrait-robot du CEO idéal. Mais pour définir son mandat culturel : ce qu’il devra préserver, faire évoluer et construire.
À partir de là, le « fit » change de sens.
On ne cherche plus quelqu’un qui ressemble à la maison. On cherche quelqu’un capable de préserver ce qui fait sa force et de déplacer ce qui l’empêche d’avancer !
PS : Si pas, il reste la méthode Ryanair. Elle a le mérite d'aller vite. 😊
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