Je sais qui va remplacer Jean-Paul Philippot !
Vous aussi, probablement. Votre beau-frère a une source. Votre collègue a lu un truc dans L'Écho. Et votre voisin connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui a refusé le poste. 😊
Des noms fusent depuis des semaines.
Ceux qui auraient refusé. Ceux qui seraient en lice. Ceux qui démentent. Ceux qui ne démentent pas.
Un (excellent) chasseur de têtes a été mandaté. Le processus est en cours.
Et pourtant, tout le monde sait déjà. Ou croit savoir.
Si vous êtes candidat à un mandat public de ce calibre, préparez-vous : votre nom devient chair à éditorial avant même votre premier entretien.
Dans mon métier, la confidentialité n'est pas un luxe.
C'est une condition d'existence du processus.
→ Elle protège le candidat en poste, qui ne peut pas se permettre que son employeur découvre ses intentions dans La Libre un mardi matin.
→ Elle protège le mandant, en évitant que le processus soit parasité par des spéculations, des agendas politiques ou des coups de pression médiatiques.
→ Elle protège la qualité du vivier. Les meilleurs profils ne sont pas ceux qui aiment se retrouver sous les projecteurs avant d'avoir signé quoi que ce soit.
Quand la confidentialité saute, toute la chaîne déraille.
Les candidats sérieux se retirent. Ceux qui restent sont souvent ceux qui ont moins à perdre - ou plus à gagner en visibilité. Et le recruteur se retrouve à bosser dans un bocal, avec tout le monde qui commente la couleur des poissons. 😉
J'ai vu des processus exploser parce qu'un board ou un politique avait "laissé fuiter" un nom. J'ai vu des candidats exceptionnels se retirer en 24 heures parce que leur démarche, supposée confidentielle, était devenue le sujet de la machine à café de leur propre boîte.
Là où la confidentialité disparaît, la qualité du choix s'érode.
Toujours.
Protéger un candidat, ce n'est pas cacher quelque chose.
C'est permettre au meilleur choix d'exister. 🙏










