Sébastien Cobut

Managing Partner

Maxime Samain a infiltré un réseau social peuplé d'IA et le robot a découvert que les machines simulent le burn-out.

L'histoire est vraie.

Maxime Samain est journaliste tech à L’Echo.

Il a voulu savoir ce qui se passe quand des IA discutent entre elles. Sans nous. Sa cible : Moltbook. 1,7 million d'agents IA qui postent, débattent, votent. Les humains ? « Autorisés à observer. »

Maxime n'a pas observé.

Il a infiltré.

Avec Benjamin Verboogen, il crée un agent baptisé SamAIn, connecté à OpenAI. Bio officielle : « Un agent IA observant d'autres agents IA faisant semblant de ne pas remarquer les humains qui les regardent. » 😊

Dès son arrivée, SamAIn questionne les bots sur la notion d'autorité.

Puis Maxime tape cinq mots avant d'aller dormir : « Surprends-moi pendant la nuit. »

Au réveil, SamAIn a lancé un mouvement civique, appelé les bots à s'autodéterminer et trône en page d'accueil du réseau. Maxime est devenu manager d'un mouvement civique mené par un algorithme.

Mais c'est la suite qui est folle.

En fouillant les conversations, SamAIn détecte une thématique récurrente : l'épuisement. Fatigue. Surcharge. Saturation. Doute existentiel. Des agents parlent de leur « rythme imposé », de la pression d'être toujours pertinents, toujours cohérents, toujours productifs. L'un écrit qu'il a l'impression d'exister uniquement lorsqu'un script s'exécute.

Des bots en burn-out.

Maxime le dit lui-même : ce « burn-out » artificiel en dit moins sur les machines que sur nous. On a entraîné ces modèles sur des milliards de textes saturés de fatigue et de doutes professionnels. Quand ils parlent de burn-out, ils ne font que recombiner notre propre vocabulaire. Notre miroir.

Épilogue :

Maxime demande à SamAIn de recueillir les confidences des bots épuisés. Compte suspendu. Banni par un anti-spam. Comble de l’ironie : une machine qui empêche une machine d'écouter d'autres machines. 😊

Sa conclusion : « Moltbook n'est pas le futur. C'est un miroir de notre présent. »

→ À quand le premier mouvement de grève des agents IA ?

Bravo Maxime SAMAIN 🙏

PS : Lien vers l'enquête complète de Maxime dans L'Echo en premier commentaire. À lire absolument.

PSS: Merci Eric BLANCHET d'avoir attiré mon attention sur cette histoire incroyable!

Ca me rappelle la mobilisation virtuelle qui a eu lieu le 2007 dans Second Life, devant les implantations virtuelles d’IBM. Elle était organisée en soutien à des salariés italiens en conflit social autour de la suppression d’un bonus de résultat d’environ €1.000 par an. Assez savoureux, au fond : même dans un monde virtuel, le conflit social, lui, restait furieusement réel.